Pierre Le Coz, professeur de philosophie à la faculté de médecine de Marseille et vice-président du Comité consultatif national d'éthique, s'étonne d'une morbide exposition à Marseille :

"Une exposition de cadavres chinois écorchés s'est installée depuis dix jours à Marseille dans un parc d'attractions d'un nouveau genre. Les morts à regarder sont essentiellement des hommes. On les a choisis "dans la force de l'âge". Certains sont calés sur des bicyclettes, d'autres smashent avec une raquette. Tous sont dénudés au point de n'avoir pas même la peau sur les os. Comment en est-on arrivé là, dans un Etat dont la loi de bioéthique proclame l'indisponibilité et la non-patrimonialité du corps humain ? [...] Après Lyon et en attendant Paris en 2009, c'est au tour de la deuxième ville de France de basculer entre les mains des charognards.

Personne ne les a vus débarquer dans la cité phocéenne. Leur stratégie, c'est le coup en douce. Quand ils entendent parler d'éthique, ils sortent leur arme blanche. Eux sont "modernes" : ils ont saisi qu'on pouvait faire de l'argent avec tout, y compris avec le corps des morts. [...] Certes, il y avait moyen de faire la même chose avec des cadavres artificiels. Mais montrer de faux morts, fussent-ils ressemblants à s'y méprendre, c'était le flop assuré. [...]

Pendant que les représentants de l'Union européenne discutent sur les normes de fabrication des cuillères à café ou sur la fixation des yeux de peluche, des cadavres circulent impunément sur le territoire européen."